02.06.2008

Dominique Autié

à
 
Madame Sylvie Astorg sa compagne,
 
 
 
Aux  huit employés de la Société "In Texte" qu'il aimait et dont il avait sans cesse le constant soucis,
 

A ceux qui l'aimaient et partageaient son Amitié,
 
 
 
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Dominique Autié

6 octobre 1949 - 27 mai 2008

 

 

Vous n’auriez aimé que le silence…

Celui qui clôt les bouches,

Et enclave la douleur à jamais

D’avoir perdu

Un ami exceptionnel et précieux…

 

Claude 

 

 

.... 

 

LES MAINS

 

Commentaire laissé sur le blog de Dominique Autié
Auteur et Editeur Chevalier des Arts et des Lettres
le 19/05/06 qui occasionna un premier contact.

à propos des grottes de Gargas

 
 
Du clair obscur de la main se transmet le savoir des caresses qui donnent envie de vivre éternellement.
Soudain, voilà le châtiment dans son envol, elle s'abat et claque dans la violence le vivant.
Elle possède et s'approprie, tourmente et rafraîchit.
La main guérit.
Elle transmet le fluide à la matière, génère et charge l'énergie.
Qu'y a t il de plus beau que cette main qui frôle excitant le désir et cette autre qui cajole, calme les angoisses et adoucit vos terreurs?

On la coupe encore dans les pays musulmans en punition d'un vol ou d'une quelconque exaction.
C'est pourquoi vos yeux pleurent devant un tel symbole, dans cette infinité silencieuse, tabernacle hors du temps.

Ainsi vous et moi de nos larmes émues, nous nous inclinons devant la représentation du savoir et des sens.
De la pure émotion devant cet icône de la création, outil de l'acculturation.

C.C.C. © 2006
 
 
 
La photographie et la poésie que vous préfériez 
 
 
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L'Eau Vive 
 

 Tu voulais capturer l’eau vive,
Pénétrer la faille qui te guide dans ses profondeurs,
Dans l’antre de la terre,
Où vibre le choeur musical de l’eau qui jaillit des concrétions,
Perforant le silence de l’ombre.

Tu voulais capter le sein de sa résurgence,
En son temple sacré,
Alors que divine la source répandait son souffle,
S’allongeant dans les blés,
Irrigant de ses cheveux liquides,
La surface asséchée de tes champs.

Tu voulais posséder sa vie pour te l’approprier,
Construisant des canaux,
Élevant les barrages au fil de l’eau,
Dérivant le cours où elle avait fait son lit,
Bien avant toi depuis la nuit des temps.

Tu voulais en faire ta maîtresse,
Pour que ton cœur en liesse,
Domine,
Draine,
Chemine,
Selon ta volonté.

Alors, ne t’étonne pas de son courroux,
Dans le torrent de boue,
De la rivière qui se déshydrate
Des champs de blés qui s’assèchent,
De la vie qui s’en va,
Et de ton cœur qui se meure,
De la peur, de la perdre.

Ferme les yeux, écoute l’eau qui glisse,
Doucement se lisse et plisse,
Sur ta peau veloutée,
Les larmes ovales, translucides,
De sa chair déchirée.

Écoute le murmure de son chant,
Qui caresse, et laisse,
L’espoir à son corps blessé.
Regarde tout ce que d’elle forme de vie
Lorsque ses reins se creusent,
Que ses courbent sillonnent,
Ondulant dans la mer végétale,
Elle creuse, et se cambre,
Lisse et érode
Les roches et les galets.

Retourne en son temple sacré,
Matrice originelle,
Là où les dieux ont malaxé la terre,
Pour façonner la vie.
Retourne en son temple,
Pour contempler le beau dans le miroir de l’eau claire,
Qui jaillit de la terre,
Retourne en son temple,
Pour passer au-delà de ce que tu ne voies pas.
Retourne en son temple
Pour étancher ta soif.

Tu voulais capturer l’eau vive,
Pénétrer la faille qui te guide dans ses profondeurs,
Dans l’antre de la terre,
Où vibre le choeur musical de l’eau qui jaillit des concrétions,
Perforant le silence de l’ombre.

Avec recueillement tu recevras le Savoir.

Claude Chatron-Colliet

 

Extraits de correspondances 

 

"...Vous avez trouvé une belle harmonie de forme (je suis incorrigible : je vous parle d’abord de la boîte ! Mais c’est si important…) entre ce fond, d’une couleur pourtant difficile à gérer, et la typographie des textes eux-mêmes que vous avez su régler dans une sorte de camaïeu, qui rend la lecture très apaisante, très douce, même si le trait (le “cri”) est souvent aiguisé, (à) vif.
Je découvre les échos en vous de “ma” petite madone toulousaine…
Et ces mots, dans la vasque de “votre” superbe fontaine (je parle de votre texte autant que du cliché) :

Avec recueillement tu recevras le Savoir

cette ligne est limpide comme l’eau vive que vous chantez ici."
 
Dominique Autié 
 
 
 
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Notre Dame de Grasse
Toulouse
Photographie de Daniel Martin
Extrait de polychromies secrètes
Découverte par l'intermédiaire de Dominique Autié



Et parfois,
Quand les mots ne viennent pas,
Qu’ils soupirent au rebord de tes lèvres,
Sans que jamais je n’en sente le souffle,
Et que ton regard se détourne,
De l’empreinte du déni,
Que les rivières s’assèchent,
Que mon cœur se déshydrate,
Et que je me meure,
De cet hiver qui me glace.
De cette porte qui reste à jamais fermée,
De ton refus de m’aimer,
De ce linceul à l’ombre des cyprès,
Dans lequel tu t’enfermes,
Pour ne pas me regarder.
Me chasser à chaque fois,
Nier mon existence profonde,
L’arbitre de mes choix.
Parce que tout de moi te révulse,
Et te fait horreur,
Me voir partir te libère,
Du poids que je suis pour toi.
La marque de ce passé,
Qui dans mon sang ancré,
Fixe le poids de ta souffrance,
Du déni de moi



Claude Chatron-Colliet ©
 
 

 

Le montage que vous aviez réalisé pour la sortie de La Garon

 

 

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 "Que votre livre chemine...C'est le destin mystérieux des livres publiés. Des exemplaires circulent, on ne sait où, ni comment (parfois)  et c'est le "dernier" celui qu'on aurait pu croire égéré qui vous apporte des années et des années plus tard, un lecteur lumineux:  celui à cause de qui il ne fallait pas renoncer à écrire ce livre et à le publier.

 

C'est celà qu'ignorent (ou feignent d'ignorer) tous ceux qui concourent à cette bousculade sur le devant d'une scène qui a depuis longtemps cessé d'exister comme scène, puisqu'il n'y a plus de salle, que tout le monde se bouscule sur les planches à la recherche d'un rai de sunlight dans lequel se placer, quelquefois que caméra balaierait quelques fragments de secondes dans cette directions là...

Pendant ce temps, des livres cheminent.

Le vôtre, je le constate en lisant tous ceux qui m'ont précédé, a trouvé ses premiers chemins de traverse (il n'y a que ceux là qui comptent et qui mènent quelque part) et je m'en réjouis vivement."

Dominique Autié le 8 novembre 2006

 

 

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Rumi danse dans le feu et dans la joie,

L’esprit en offrande au soleil de l’éternité,

Il danse,

Danse,

Danse,

Dans les ailes du vent au dessus de Konya.

Il est le flambeau de cire,

Dévoré par la flamme,

Et puise dans ses profondes racines,

La sève de miel offrande qu’il élève au ciel.

Il aime jusqu’à l’extase,

Ce que le mystère dans ses pas lui révèle :

La lumière que le feu n’engendre pas.

Il brûle de l’ardeur de tous les manques engendrés par le fougueux désir,

Et purifie son âme de toutes les douleurs dans une spirale,

Pour recevoir dans le  souffle du vent,

La face éblouissante de l’unique, Le Bien Aimé,

Dans lequel il se nourrit et s’abreuve.

Comme un mendiant dans la pauvreté.

Il évoque le rythme,

Et l’enchantement que produit l’écho,

Flotte dans l’ivresse de l’abandon

La perception clairvoyante du souffle vivifiant de l’esprit,

Il fait de son corps un sanctuaire,

Sa métamorphose intérieure

Porte sa volute sur la « Voie d’Amour ».

Il Danse,

Danse

Danse,

Et tend son corps tout entier,

Vers l’objet désiré.

Tout n’est que mouvement,

Pareil à l’univers qui l’a « existencié »;

Il devient le réceptacle de l’Infini Universel,

Et Dieu l’enivre de son amour,

Comme une source qui l’assoiffe,

Au point de le ravir à lui-même.

Lorsque tout est transmis,

Et que la substance devient mère,

C’est à l’homme d’engendrer la lumière.

 

Claude Chatron-Colliet © 2008

 

 

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 Votre simplicité et votre humanité

 

Me permettent   de vous rendre hommage 

 

Merci Monsieur Dominique Autié

de 

 Votre extrême générosité.

 

 

 

 

 

Commentaires

Suite à sa chronique du 23 mars, je lui écrivais m'étonner qu'il s'attristât à ce point que mourir pût être l'objet d'une revendication, d'un droit.
Je lui disais voir dans cette légitimité la garante du droit de vivre. Il acquiesça et me confia qu'il avait expédié la rédaction de son billet, faute de forces suffisantes.
"On me jugera sur pièces… mais mais ce que j’aurais aimé développer c’est que mourir est partie intégrante du vivre (dignement ou non)"... Quinze jours plus tard, il me confia : "Vous voyez que la légèreté, comme toute vraie légèreté, est d’un baroque sans nom : c’est-à-dire hantée par la mort !"

Je lisais en lui une leçon de vivre à livre ouvert, jusqu'au bout, jusqu'à son dernier chapitre. De la fonction du survivant.
Armelle

Écrit par : Armelle Domenach | 02.06.2008

Mes sincères condoléances, Claude, pour la disparition de ce Grand Ami et Noble Monsieur !

Écrit par : Vasil QESARI | 02.06.2008

Tu viens de perdre un grand et cher ami qui t'accompagnait depuis si longtemps.
Tu lui rends un fort bel et vibrant hommage aujourd'hui.
Toute notre sympathie, Claude, pour dépasser cette tristesse qui t'étreint.
Nous t'embrassons.

Écrit par : pierre | 02.06.2008

Ma page reste blanche Claude et je suis en lecture.

Écrit par : Louis-Paul | 03.06.2008

Louis Paul:

Je comprends Louis Paul.


Pierre:

Oui, des amis de cette qualité sont rares et précieux. Mais plus que l'auteur, l'éditeur, l'écrivain de grand talent, c'est l'homme et son regard qui manquera le plus. Pour moi, il habitera à jamais une partie de ma mémoire et sa présence plus que jamais vivante.
Je pense plus particulièrement à ses proches et sa famille ...
Merci Pierre, d'être passé ici.


Vasil:

Oui Vasil, plus que moi, je pense à sa compagne, ses employés, ses amis proches...


Armelle:

Merci de vos mots qui accompagnent ce billet de mémoire qui montrent l'homme et sa profondeur.
"Mourir, fait partie du vivre..." comme ce qui est diurne et nocturne sans arrêt dans l'éternel recommencement...C'est tout à fait lui.

Je vous suis reconnaissante d'avoir posé ces mots ici. Les siens entremêlés de vôtres et de la peine qui nous a tous saisis.

A très bientôt Armelle.

Écrit par : Claude | 03.06.2008

Après qu'un temps la grêle et le tonnerre
Après qu'un temps la grêle et le tonnerre
Ont le haut mont de Caucase battu,
Le beau jour vient, de lueur revêtu.
Quand Phébus a son cerne fait en terre,

Et l'Océan il regagne à grand'erre ;
Sa soeur se montre avec son chef pointu.
Quand quelque temps le Parthe a combattu,
Il prend la fuite et son arc il desserre.

Un temps t'ai vu et consolé plaintif,
Et défiant de mon feu peu hâtif ;
Mais maintenant que tu m'as embrasée,

Et suis au point auquel tu me voulais,
Tu as ta flamme en quelque eau arrosée,
Et es plus froid qu'être je ne soulais

Écrit par : CATHERINETTE | 04.06.2008

Merci.

Écrit par : Sylvie Astorg | 04.06.2008

Merci à vous Madame Astorg, mes pensées les plus chères et les plus affectueuses dans votre chagrin.

Écrit par : Claude | 05.06.2008

Catherinette

Je pense beaucoup à toi ma Catherinette.
Ton poème est magnifique.

Je ne t'ai jamais dit combien j'admirai ton courage au travers des épreuves que tu passes. Je voudrai ici sur cette page particulière, celle de mon ami Dominique, te dire en particulier comme il l'aurait fait, qu'il faut que "Toi" chère à mon coeur tu gardes courage, pour tes petits, ton mari qui t'aime et tes amis comme moi.
Avant de m'endormir, je passe toujours te déposer un baiser sur tes paupières, pour que ton sommeil innocent t'emmène vers des rêves apaisés qui deviendraient la réalité.

Sur cette page plus que n'importe qu'elle autre je voudrai te dire que Moi, je suis sur la voie de guérison de cette maladie qui n'est plus une fatalité et que tu dois t'accrocher coute que coute à l'espérance.

Je voudrais te dire combien ces pas légers sont empreints de lourdeur de ce que notre corps nous enchaîne alors que notre esprit danse et aime. Regarde le beau regard de Dominique, sa profondeur, jusqu'au dernier souffle entier dans son esprit et sa pensée.

Alors danse ma Catherinette, danse dans ton esprit pour oublier les maux de ton corps, la paralysie, la chimio, les rayons. Danse et écrit parce que nous t'aimons, et nous aimons te voir vivre, rire et chanter par ce que nous t'aimon et pensons très fort à toi.

Pas seulement dans un commentaire...
Mais du fond du coeur moi, je pense à toi et je te dis que je t'aime,
je t'aime très fort.

Je tembrasse

Écrit par : Claude | 09.06.2008

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