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22.04.2008
Le panoptisme et le phénomène de sidération
Le contrôle dans la démocratie
Partie 1
Voilà bien deux mots incongrus qui pour tout un chacun reste un mystère lorsque nos yeux n’ont pas encore parcouru le livre avant gardiste de Michel de Foucault Surveiller et punir.
Dans cette œuvre l’auteur nous décrit comment une société développe une machinerie capable de « dresser » le corps et l’esprit. Cette diabolique manipulation humaine s’inscrit dans une construction carcérale très architecturée dont l’objectif de la structure est d’observer tous les prisonniers sans que ceux-ci puissent savoir qu’ils sont observés.
Ainsi tout se sait, tout est « omniscience » le prisonnier étant pris au supplice de Tantale sans distance réflexive dans une optique narcissique auto-suicidaire.
C’est Jérémy Bentham (1780) qui mis au point cette idée afin de réformer la morale, préserver la santé, revigorer l’industrie, alléger les charges publiques et fortifier l’économie en créant un nœud de Gordien dénoué dans une simple formation architecturale, Michel de Foucault s’en inspira.
A travers ce dressage de l’esprit recadré dans un espace qui déstructure et déshumanise en fixant non plus sur la discipline qui demande des moyens considérables mais en « sidérant » (action de skotcher) les individus sur eux même.
L’intérêt pour le prescripteur est de surveiller le plus de monde possible avec des moyens matériels, financiers et humains modestes.
Bentham a inspiré l'univers carcéral (ou médical) et sa technique fut mise au point pour ce que l’on sait dans les camps de l’Allemagne Nazi ou de l’Italie Mussolinienne en matière d’utilisation de l’image sidérante aliénant l’être en interdisant toute forme de distance réflexive par rapport à un objet.
L’homme est happé dans un trou noir sans fin où il est à la merci d’autrui et de lui même, il devient facilement manipulable, manipulé, observé, décortiqué. Il y a là une forme d’autoritarisme et de fascisme à déposséder l’autre de son essence, le monde est alors réduit à ce que l’on peut en voir.
Ainsi, vous vous demandez dans qu’elles conditions et pourquoi, moi qui aime tant la poésie, les chemins parfumés de roses et de jasmin, je viens vous présenter ces différentes théories toutes droites sorties d’un autre monde qui n'appartient pas à notre quotidien. Détrompez vous, c'est le terme que vous ne connaissez pas car vous êtes constamment sous le contrôle soit de caméras, soit des médias des nouvelles technologies.
Cette application de la théorie du panoptisme et de l'image sidérante croise notre vie de tous les jours et s’insinue de façon persiffleuse par ce qu'elle s’inscrit dans une gigantesque machine commerciale prête à faire de l’humanité de la matière. Et que tout simplement je continue cette série « De quoi sera donc fait demain si l’on n’y prend pas garde » à éveiller les esprits sur le risque potentiel du contrôle global de l'individu et de la société qui a pris naissance depuis la deuxième guerre mondiale: surveillance et le contrôle de l’individu, impact du panoptisme et effet de la sidération, entrant dans cette « œuvre de dépersonification » qui me terrorise et me désole.
Si Jérémy Bentham comme beaucoup de scientifiques a mis au point un moyen qui permette de faire avancer la société et que sa découverte ait induit sous forme sous jacente le contrôle de l’individu, il n’en reste pas moins qu’elle implique aujourd’hui grâce aux nouvelles technologies un contrôle non plus seulement de l’individu dans le moyen carcéral d’ordre hiérarchique vertical« surveiller et punir », mais d’ organiser une mouvement supplémentaire hiérarchique de façon horizontale propre au contrôle social mais aussi au contrôle des intérêts privés, économiques, sociaux, familiaux…
Comme je l’ai déjà évoqué à propos de l’architecture du Technocentre de Renault (Management et servitude), notre société se structure au moyen du monde de l’image et de la communication dans le transfert immédiat de l’information. La fluidité instantanée du flux informationnel et la capacité gigantesque des mémoires informatiques vont permettre à un contrôle pur et dur de l’individu. Le Technocentre de Renault s’inscrit de façon « sidérante » dans l’architecture panoptique.
De même que la fonction de management qui disqualifie, broie, et uniformise les acteurs de la structure au profit de la rentabilité et de la norme. La mise à disposition du nécessaire vital humain mis à disposition à l’intérieur de la matrice obligeant l’acteur à prolonger son temps de travail, et rester jusqu’à l’épuisement des ses forces physiques et intellectuelles. Et dans cette optique l’utilisation de la surveillance dite communautaire prévoit l'implication du sujet dans un réseau de partenaires acteurs qui se fonde sur la responsabilisation et entraine un lourd sentiment de culpabilité, voir de rejet si l’objectif n’est pas atteint dans une espace temporel restreint.
Nous connaissons tous cette politique de partenariat pour l’avoir vécu de façon historique dans des situations de guerre, de prise de pouvoir et de dictature.
La forme subtile de ce quadrillage de contrôle vient du fait qu’elle repose sur l’adhésion du sujet non pas fondé sur une souveraineté acquise par voie hiérarchique comme cela le fut dans les dictatures, mais de façon subtile, voilée par l’enchâssement au réseau de partenaires qui tient lieu de substitut nutritif à la pensée comme une injonction sociale d’appartenance à un groupe dans une action pas forcément réflexive qui utilise le mental comme stratégie...
Peu à peu la pression se tisse non plus sur une toile carcérale, informatique ou économique, mais dépasse largement les entreprises de pointe pour infiltrer les administrations, les hôpitaux, les écoles… Les foyers.
à suivre
Sources
http://fr.wikipedia.org/wiki/Panoptique
Cet article est dédié à Stella:
http://www.stellavidal.com/article-18297840.html
Stella est une militante engagée.J'aime ses écrits francs sa plume aiguisée. Elle ne cache pas son interêt pour la politique. C'est aussi une amie fidèle qui pense à moi et me téléphone de temps en temps pour prendre de mes nouvelles.En général je ne fais pas de politique j'interpelle sur l'Amour, la Croyance, et la Liberté.
Ici la liberté d'expression me semble gravement remise en cause.
En septembre 2007 elle écrit une histoire sur son blog entre réalité et fiction avec sa pointe aiguisée et un ton piquant, une histoire banale humoristique, sans citer de nom. Quelqu'un se reconnait dans l'action et la poursuit au tribunal. On lui saisit son ordinateur, on lui prend ses empreintes, sa photographie. (bientôt biométrique)
Le 13 février elle est condamnée à 3000 euros de dommages et interets, plus 1000 euros au plaignant, plus mille euros d'amende.
Je m'interroge ...
Photographie du penseur de Rodin
Prise à Vence la semaine dernière
Claude Chatron-Colliet ©2008
21:45 Publié dans De quoi sera donc fait demain si l'on n'y prend | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





