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21.04.2008

Liberté

 

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Je chante ton Nom sur toutes les balustrades

Mes lèvres ont hurlé la rébellion et exalté l’insoumission.

Et même si,

Les sbires de l’enfer,

Les rapaces cruels ont fait de mon champ de blé,

Une terre stérile,

Et que

Me voilà enchaîné à ma prison.

 

Je crie ton Nom ma désirance,

Comme une amante, une guerrière

Sous la torture du tortionnaire

Tu glisses dans ma geôle,

Dans le souffle d’Éole,

Contre

 

Un Homme,

Un Pouvoir

Un Parti,

 

 

Liberté,

Incarnation

D’un peuple,

Enchaîné dans la souffrance,

Et voué au martyre,

Dans le sang, l’ignorance et les larmes.

 

 

Solitude aride de l’homme exilé

Oppression livide des corps maculés, pâles et glacés,

Happés dans un trou noir sans fin,

Se glissent et gisent dans la mémoire de l’humanité,

Des terres gorgées de sang jusqu’à la soumission,

Exclusion,

Où un seul homme, un seul pouvoir, un seul parti,

Un tyran,

Fait chanter des ruisseaux flamboyants d’horreurs,

Et tomber des neiges éternelles aux couleurs de la cendre

 

Anankè[1],

 

Derrière mes barreaux,

J’entends le chant des morts partis dans le silence,

Parce que le monde était sourd à leurs souffrances.

 

J’entends le chant des morts partis sous le feu de l’ennemi,

Parce que leur Être exultait la résistance.

 

J’entends le chant des morts spoliés de leurs biens,

Par ce que leur ventre creux et vide rongeait la chair de leurs os,

Et voir,

Leur mère, s’étrangler de douleur,

Envelopper leur corps, dans les draps sombres de la nuit.

 

Derrière mes barreaux,

Je vois des heures sans fins,

Où des tortionnaires aguerris

Ont perdu le sens de tout ce qui est humain.

Des bêtes de cruauté,

Agités comme des pantins,

Au service d’un despote,

Utilisés comme une main, devenus aliénés.

De la peur qui engendre la haine.

 

Anankè

 

 

 

Dans les ténèbres,

Je crie ton Nom ma désirance,

Comme une amante, une guerrière, une lumière

Sous la torture et le joug du tortionnaire

Tu glisses dans ma geôle,

Dans le souffle d’Éole,

Contre

 

Un Homme,

Un Pouvoir

Un Parti,

 

Liberté,

Sans toi, il n’y a pas de vie,

 

Lorsque les livres autodafés brûlent nuit et jour,

Pour effacer la mémoire de l’unité et émerger l’obscurantisme,

Lorsque la parole est ceinte, brimée par l’unique pensée,

Et que le joug fait surgir la terreur,

Pour faire paraître l’illusion,

De l’ordre et de la norme,

 

Ma pensée,

 

Ma vie, mon oiseau libre,

Ma bien aimée,

 

Quand le monde entendra t il le chant de ton ruisseau ?

Quand la terre sera-t-elle rassasiée de la chair et du sang ?

Mon âme chuchote l’ardent désir,

D’enfanter la lumière dans le chaos de l’ombre.

Combien de temps encore,

Les hommes enchaineront ils les hommes 

A boire l’eau de la souffrance, à maîtriser leur prochain ?

 

Juste écouter, voir sentir entendre et gouter au lien indissoluble qui unit les Êtres.

 

Aimer.

 

Claude Chatron-Colliet©avril 2008

 

Cliquez:  

Simbad  l'homme avec les chaînes

 

 


 

 

 



[1] Destinée fatale de l’homme

Commentaires

C'est tellement beau, rien de plUS triste que l Homme enchaîné, et plus encore, quand il cent chaînes lui m'aime.

Ecrit par : Annick | 22.04.2008

Je pense aux esclaves blessés ou mourant de Michel-Ange: des corps si beaux et torturés! Affront à l'humanité dont nous sommes responsables.
La beauté doit-elle toujours teintée de tristesse?

Ecrit par : pierre | 22.04.2008

"Ceux que j'aime, je ne leur demande que d'être libres de moi et ne jamais me rendre compte de ce qu'ils font ou de ce qu'ils ne font pas, et bien sûr, de ne jamais exiger une telle chose de moi. L'amour ne va qu'avec la liberté. La liberté ne va qu'avec l'amour."

Christian Bobin (L'épuisement)

Ecrit par : gazelle | 22.04.2008

Bonjour, j'espère que vous allez bien. Après une longue absence, je reviens à la blogosphère avec... "Une histoire explosive", venez visiter ma page... à bientôt.

Ecrit par : lobita | 22.04.2008

Poème de révolte, cris pour la faire entendre, violence des mots pour violence des actes, coups pour coups faits à l'humain, quel lyrisme Claude ! C'est une envolée-témoignage qui s'inscrit dans la ligne qu'ont pris tes écrits depuis quelques temps. Beau.
Mes plus amicales pensées. Sido

Ecrit par : lasidonie | 22.04.2008

Tes poèmes portent haut les messages essentiels... Bises Claude, en espérant que les choses vont vers la lumière.

Ecrit par : Sheedir | 22.04.2008

La beauté, je rejoint Pierre et la citation de Bobin est très juste.

L'homme est un drôle de créature et ta note sur Foucault j'ai lu surveiller et Punir , d'ou j'aime Artaud !!! Merci d' être là !

Bises Claude

Ecrit par : bruno | 23.04.2008

Pierre:

La beauté est larme et joie. Elle est orage et soleil, elle est vibration et émotion, elle est vie et elle est aussi parfois mort. Elle s'inscrit dans une dyade sans cesse renouvelée au coeur d'une alchimie que nous décryptons durant toute notre vie à apprendre. Sommes nous prêts à en extraire la quintessence où juste prêts à la reconnaître ou encore simplement juste la ressentir de l'intérieur ? La beauté est essence comme l'Amour. Elle nous métamorphose en être meilleurs j'en ai la certitude et en l'utilisant comme messagère, elle devient un symbole qui nous ramène à la liberté.

Merci Pierre j'aime toujours autant discuter avec toi.
Ca me forge l'esprit
pensées douces vers tous les deux

Ecrit par : Claude | 24.04.2008

Gazelle:

Très belle citation, je te remercie. Elle va merveilleusement sur cette page.

Envol

Ecrit par : Claude | 24.04.2008

Lobita:

Je vais passer faire mon tour. En route.

Ecrit par : Claude | 24.04.2008

Sido:

Merci Sido de ce compliment. J'ai toujours dénoncé, l'esclavage, l'oppression, les massacres, la xénophobie... D'ailleurs La Garon s'inscrit dans ce témoignage. La rubrique de quoi sera donc fait demain s'inscrit aussi dans cette optique. Mais il est vrai que dans la poésie, le cri arrache comme le questionnement.

Ecrit par : Claude | 24.04.2008

Sandrine: ma tendre amie, mes poèmes portent sur l'essentiel comme les tiens et ceux de Sido. La vie, les larmes et aussi les joies.

Il faut du temps pour le reste, et un rayon caresse doucement ma peau.

Ecrit par : Claude | 24.04.2008