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06.02.2007
Grottes et art Pariétal 4
L’homme oiseau s’imprimait dans mon visuel comme le chamane décrit par David Lewiss William un chercheur sud Africain qui a beaucoup étudié les Bochimans du Kalahari. Il part du principe que ces hommes ayant un système nerveux identique au nôtre pouvait par l’absorption de drogues, danses, jeûnes.., parvenir à un état de transe et avoir des visions en pénétrant dans un monde parallèle. Là, ils rencontraient des esprits qui allaient les « aider ». Cette hypothèse fortement décriée a été soutenue par Jean Clottes conservateur général du Patrimoine me poussait dans la recherche de l’Universalité du Sacré.
B. Tylor définit le monde invisible comme un trait universel depuis l’origine de l’homme. Un monde invisible qui prend sa source, dans les divinités, les esprits, les ancêtres, les âmes ou les forces surnaturelles.
D’ailleurs c’est bien ce que je décris moi-même dans la Garon, une introspection qui permet de retourner à l’origine.
On peut à cette occasion remarquer l’attachement des hommes à influencer les divinités de façon à attirer leur protection. Ainsi dans la grotte, sur la pictographie scénique l’homme allongé, a une tête d’oiseau cette même tête se trouve en effigie sur le sceptre qui gît près de lui. Dans ce cas bien entendu, on ne peut qu’avancer des hypothèses car ces œuvres parlent avant tout à notre sensibilité profonde. Néanmoins pour attirer la protection, éviter la colère et demander pardon aux Dieux et aux divinités, l’homme a universellement procédé avec sa pensée dans la même opération de méta-représentation, il procède de prières, de sacrifices et de cérémonies dont la variation est aussi diversifiée qu’il existe de gènes et de cultures (1) .
Ainsi, l’homme capable de penser, est un être qui forme des croyances, qui donne vie à des êtres, à des objets. Il perfectionne son action et devient l’artisan qui multiplie les moyens d’agir sur la Nature.
Le grec Critias dira que l’homme a inventé les dieux pour discipliner l’humanité, tandis que Lucrèce formulera que l’homme a inventé les dieux en réponse à l’admiration et à l’étonnement qu’il ressentait face à la Nature.
Au besoin de comprendre ce qu’il ne maîtrise pas et pour lequel il va consacrer son temps à s’en expliquer l’existence, à transformer la connaissance de toute chose en fonction de ce qu’il en attend. Elle lui fournit à la fois une explication et un moyen d’agir. Elle lui permet d’affronter l’hostilité et de la dépasser.
La « religion » est donc utile. Elle procède au développement du groupe car elle impose des règles de conduite qui règlent et régule la vie de la communauté. Pour se faire elle utilise des « médiateurs du sacre », qu’ils soient chamane (bushmen) prêtres, ou devin pour présider aux rituels, appréhender la connaissance du monde sacré et opérer la transmission du savoir qui assure la pérennité de la collectivité.
Au fond, les religions procèdent de la même matrice fondamentale.
Partout les hommes ont inventé des mythologies et des cosmogonies, des récits d’origine où il est question d’esprits animaux, partout on fait appel aux puissances de l’au-delà. On instaure des règles de vie relatives à la sexualité, à la chasse, la cueillette, partout les hommes se livrent aux cultes funéraires où il est question de migration de l’esprit des morts vers un au-delà.
Derrière les différents types de religions – chamanisme, totémisme- paganisme –animisme -fétichisme, sont une armature commune à l’humanité qui existe depuis le paléolithique et que l’on retrouve aujourd’hui dans toutes les religions.
Claude Chatron-Colliet.C.©2007
1 La diffusion d’items culturels ou « culturgènes » transmis par apprentissage et par enseignement. Comportements transmissibles qui engendrent la culture. EO Willson
Fétichisme et Naturalisme: En Afrique Noire, les observateurs furent fascinés par les nombreux objets fétiches (statuettes et grisgris) qui étaient sortis lors des impressionnantes cérémonies de possession. On a alors pensé que les Africains adoraient ces esprits fétiches sans voir que durant les cérémonies chrétiennes les effigies des saints, les croix, les rosaires jouaient le même rôle.
Max müller mythologue allemand parle de naturalisme pour désigner la vénération des « primitifs » pour les forces de la nature : soleil, lune, ciel, animaux sauvages présents dans la mythologie.
Animisme : Tylor.B renvoie à la croyance de la théorie des « âmes » ou esprits dont sont dotés les humains et les animaux. Tylor pense que l’animisme est la religion première qui précède le polythéisme, puis le monothéisme dieu unique et désincarné.
Frezzer et Mauss refusent de voir « l’animisme comme une religion, celle-ci étant associée à la magie distincte de la religion.
Totémisme : est présent chez les indiens d’Amérique, d’Australie, de Polynésie et d’Afrique. Les communautés sont organisées en clans qui portent le nom d’un animal totem vénéré comme une divinité tutélaire. A ce culte est rattaché l’interdit alimentaire, des interdits sexuels..
Chamanisme : Jean clottes et Lewiss William, prétendent que les peintures rupestres sont réalisées par des chamanes. Le chamane est celui qui entretient un contact privilégié avec les esprits animaux afin d’obtenir leur aide. Le contact avec l’esprit a lieu durant une cérémonie particulière où le chamane danse puis entre en transe. La théorie du chamanisme a été fraîchement accueillie dans le milieu des préhistoriens et des anthropologues.
Sources:
Jean François Dortier Sciences humaines
Encyclopédie Universalis
Jean Clottes: Conservateur général du Patrimoine
Lewiss William: anthropologue
B TylorEdward Burnett Tylor (1832-1917) est un anthropologue britannique. Il proposa un traitement statistique des données ethnographiques afin de rechercher les corrélations entre les institutions. Souscrivant à la thèse évolutionnisme en honneur à l'époque, il y intégra ses analyses de la religion et des mythes, dès lors perçus comme des restes de l'état sauvage. Il est considéré aujourd'hui comme le fondateur de l'anthropologie britannique, il est notamment célèbre pour sa définition ethnologique de la culture. Il sera le premier à aborder les faits culturels avec une visée générale et systématique.
(Wikipédia)
A Jacques : avant d'arriver au vif du sujet qui t'interresse, il faudra attendre encore un peu. Le sujet préparé contient une série d'une trentaine de pages. Si tu as une controverse, je l'accepte volontiers mais à l'issue de la parrution de mes articles en totalité. Je te remercie de ta patience, nos échanges pourront être faits sur mon Blog pour que tous en profite. Merci Jacques.
19:15 Publié dans Préhistoire et Fondement de l'humanité | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note





Commentaires
bonsoir ...je viens vous lire
pouvez vous avoir la gentillesse de laisser un petit message sur la dernière note de mon blog afinque je puisse récupérer L'url de votre blog ...
c'est indispensable pour créer le lien ...
vous vous souvenez ??
je vous en remercie
très bonne soirée pour vous ..
Ecrit par : bernard | 06.02.2007
L'or en fusion a laissé la place aux ocres et aux bruns du Pariétal...
Bonne soirée Claude. Je t'embrasse ainsi que les enfants (Chouette ! Demain, c'est mercredi).
Ecrit par : joce | 06.02.2007
Toujours passionnant, comme ton livre je présume, donc oui, ça m'intéresserait beaucoup de le lire, et j'en serais très honorée.
Merci beaucoup
Bises
Ecrit par : emliochka | 06.02.2007
J'aime la proposition chamanisque...
On ne saura jamais, dommage...
Ecrit par : irene | 06.02.2007
A lire les enfant de la terre de Jean Auel. Le dernier tome est sensé se dérouler à Lascaux. Plus lent que les premiers tomes toutefois.
Ecrit par : Jean Christophe Bataille | 07.02.2007
Quand je vois mes notes à côté, "si courtes" va falloir que je fasse des efforts pour écrire un peu plus mais bon je fais de mon mieux. Bisou matinal
Ecrit par : mamita | 07.02.2007
iL me semble avoir lu Ayla enfant de la terre, et j'avais beaucoup aimé.
en parlant de gravures rupestres, un chercheur monégasque, vient de trouver un cadran solaire au mont Bego. il aurait servi pendant l'été à indiquer non les heures mais les jours, à nos très lointains ancètres , menant paitre leur troupeaux dans la vallée des Merveilles.
bisous
Ecrit par : framboise | 07.02.2007
Voici l'occasion pour moi de retourner à des réflexions, des thèmes qui autrefois me passionnaient et me passionnent toujours mais que j'ai un peu délaissé.
Il s'agit du monde visible et d'un plausible monde invisible qui nous échappe avec le peu de sens, le peu d'acuité intelligente dont nous disposons.
Cette recherche de nos origines serait-ce que le monde réel ne nous satisfait pas pleinement? L'homme se forge ses propres croyances - c'est un animal doué d'imagination - il imagine non seulement l'a-venir mais aussi son passé sinon son présent.
J'aime ta tentative de décryptage que tu proposes d'un universalisme, trouvant, re-trouvant partout le même homme, étonné de son existence, de sa présence, de son être, en cette planète, en ce monde.
Comme Jacques, j'attendrai, avec impatience, la suite.
Ecrit par : pierre2 | 07.02.2007
Bonjour chère Claude,
contente de pouvoir enfin venir voir mes amis blogueurs.
Mon blog ne "rame" plus comme ces derniers jours et je retrouve enfin le plaisir de m'en servir.
Je reviendrai mieux lire ton texte, car je l'ai lu en diagonale et n'ai pas tout saisi.
Je termine mes visites et je reviens.
bisous
Ecrit par : STELLA | 07.02.2007
Merci pour ce gros travail de recherche passionnant !
J'ai aimé votre commentaire sur le blog de Pierre !
Ecrit par : Jean | 07.02.2007
Jean: je suis heureuse de vous lire à nouveau. A bientôt et votre compliment me touche énormément.
Stella: Merci pour ce matin. Bisous
Pierre: Je vais à l'école mais je te réponds au retour. En profondeur.
Ecrit par : Claude | 07.02.2007
Pierre, lorsqu'on compare les cultes des sociétés arborigènes, des Indiens d'amazonie, des Inuits, des Bushmen, partout les hommes ont inventé des mythologies, des cosmogonies, des récits d'origine, des esprits d'animaux... qui ont engendré des rites, des mariages, des célébrations. Partout dans le monde, on fait appel aux divinations introduisant des règles et des tabous dont la religion devient un support. Comme si génétiquement nous étions portés à croire: Darwin dira un mécanisme de sélection de groupe, un comportement sélectionné au cours de l'évolution pour rendre le groupe viable en milieu hostile et assurer la pérénité et la survie de l'espèce.
Irène: tu as raison, pour l'instant il nous manque la clef. Mais il ne faut pas désespérer, la pierre de rosette a permis de faire évoluer la science de l'écrit, peut être un jour pourrons nous avancer et confirmer.
Fram: est ce que nous connaissons la datation du cadran journalier ? Tu me tiens au courant... BISOUS
Bisous Mamita.
Ecrit par : Claude | 07.02.2007
Oui, c'est cela, l'homme est un animal porté à croire, à croire ce qu'il imagine. L'homme est un animal social et il a besoin de règles pour vivre en société, il a besoin de règles, de tabous, de limites, de lois. Ce faisant, il ne se bride pas, il ne se limite pas, ne s'enferme pas, obligatoirement. Il se contient, il tente de respecter l'autre. Et ce n'est pas facile, car l'homme est aussi un animal égoïste. Je serais tenté de dire qu'il représente une aberration dans la nature. Avec les plantes, les animaux, on sait qui respecte, qui tue, qui envahit, qui domine l'autre. Avec l'homme, non. L'homme est un animal qui veut échapper à l'animalité et qui, en même temps, nie l'animalité en lui toujours présente.
Ecrit par : pierre2 | 07.02.2007
Oui Pierre, et pour se faire, il va légitimiser la religion pour en avoir la maîtrise. Car il ne maîtrise rien, il erre en milieu hostile, il va se sédentariser pour maîtriser son environnement dans un premier temps, il fait une sépulture pour se différencier de l'animal, il opère ainsi une séparation métaphysique en échappant à l'issue fatale d'être considéré comme une proie (viande morte) il échappe à la mort^au delà du visible. Il donne aux mythes une consistance visuelle où la nature du monde est maîtrisée et il n'aura cesse de le faire. C'est un défi perpétuel dans lequel il s'engage. Grace à cet effet, il cimente et fermente la solidarité sociale donnant à ses Dieux ou a son Dieu, une figure humaine ou naturaliste, accessible et compassionnelle.... Mais j'y arrive Pierre, j'y arrive...
Ecrit par : Claude | 07.02.2007
Merci Claude de tes réponses si précises, si convaincantes. Excuse-moi d'avoir un peu laché la bride mais j'ai eu beaucoup trop d'occupations aujourd'hui! Mais je ne me plains pas! Bonne soirée.
Ecrit par : pierre2 | 07.02.2007
je ne pense pas que l'on puisse avoir une certitude un jour sur les croyances des préhistoriques, tant qu'on aura pas inventé la "machine à remonter le temps".
Ecrit par : enriqueta | 07.02.2007
Enriqueta: ici il n'y a pas des certitudes mais des hypothèses qui pour l'instant prennent racine au coeur de la pensée de l'homme.
Ce qui est certain et irréfutable c'est qu' il existe une "matrice" des religions qui est universelle.
Cette matrice aurait donné naissance à de nombreuses déclinaisons. Cela est une certitude car prouvée scientifiquement dans le monde entier.
La relation entre le monde visible et invisible, la demande de protection, les offrandes et "sacrifices" (seul point universel aléatoire), la représentation d'un homme vecteur de la relation homme dieu ou esprit (prêtre, chaman sorcier...) forment la matrice de toutes les religions.
La liste des sources d'étude sera publiée dans le prochain article.
Ecrit par : Claude | 08.02.2007
Les religions ont organise la societe humaine des ses premiers balbutiements, a mon humble avis parce que l'alternative du chaos total n'existait pas viable.
Ecrit par : Nathalie K. | 08.02.2007
Je me corrige. Il faut lire "n'etait pas viable".
Ecrit par : Nathalie K. | 08.02.2007
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